mardi 4 décembre 2012

Qu'est-ce que le projet Ulcos, sur le site de Florange ?




Qu'est-ce que le projet Ulcos, sur le site de Florange ?


 Le Monde.fr 03012.2012 Audrey Garric


C'est la grande inconnue de l'accord passé entre le gouvernement et ArcelorMittal sur l'avenir du site sidérurgique de Florange : le projet européen Ulcos, censé permettre de maintenir en fonctionnement les hauts-fourneaux du site mosellan, n'a pas été mentionné par les deux parties, vendredi 30 novembre. Il doit faire l'objet d'une décision de la Commission européenne le 20 décembre.
 
  • Quel est l'objectif d'Ulcos ?



Ulcos, pour "Ultra-Low Carbon Dioxide Steelmaking" (soit "processus sidérurgiques à très basses émissions de CO2"), est un projet européen de captage et de stockage du dioxyde de carbone (Carbon capture and storage, CCS). Cette technologie doit permettre de réduire d'au moins 50 % les émissions de CO2 lors de la fabrication de l'acier, une activité industrielle très émettrice de ce gaz à effet de serre.
 
Le CO2 serait capté lors de la production d'acier par les hauts-fourneaux de Florange – plusieurs techniques de captage sont possibles avant, pendant ou après la combustion –, puis transporté et stocké dans des aquifères salins à 100 km environ au sud de Verdun. De la sorte, la "filière chaude" du site regagnerait en compétitivité grâce à d'importantes économies réalisées sur le coût des quotas d'émissions de CO2 que doivent verser les industries. Et si cette technologie s'avère concluante, le dispositif de captage et stockage de CO2 pourrait "en principe être déployé dans des sites de production d'ici quinze à vingt ans", selon le site Internet du projet.
 
  • Qui finance Ulcos ?
 
Le projet est soutenu financièrement ou techniquement par un consortium de 48 entreprises et organisations issues de 15 quinze pays européens, dont les principaux sidérurgistes comme ArcelorMittal, propriétaire de Florange, et son concurrent allemand ThyssenKrupp, ou encore EDF et Air liquide.
 
Pour être mené à bien, Ulcos nécessite plus de 600 millions d'euros, apportés en partie par les industriels partenaires. L'Etat, qui s'est engagé à hauteur de 150 millions d'euros, via le grand emprunt, les collectivités territoriales pour 30 millions et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) pour 10 millions, pourrait augmenter sa participation, a annoncé le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, vendredi. Mais un complément de financement européen est indispensable pour boucler le financement.
 
  • Quel est le rôle de l'Union européenne ?
 
La Commission européenne a lancé en 2009 le programme NER 300 (New Entrants Reserve) pour financer des projets innovants dans les domaines du CCS et des énergies renouvelables. Ce dispositif prévoit d'apporter près de 50 % du coût prévu des projets retenus grâce à la vente sur le marché du carbone de 300 millions de quotas d'émissions de CO2. Dans le cas d'Ulcos, ce financement se chiffrerait à 240 millions d'euros.
 
Dix projets de CCS étaient en lice à la fin octobre, date à laquelle les Etats membres devaient présenter leurs candidats. Mais tous n'ayant pas bénéficié du soutien de leur gouvernement, des défections se seraient produites, conduisant Ulcos "en tête de liste" à la mi-novembre, selon une source européenne, devant les projets de Belchatov en Pologne, Green Hydrogen aux Pays-Bas et Porto Tolle en Italie. La Commission européenne devra trancher le 20 décembre.